vendredi 27 février 2009
Seras-tu là ?
Je suis comme cette gamine que l’on a oublié devant l’école et qui attends, le ventre creux, que quelqu’un daigne venir la chercher.
Cette petite fille qui pense qu’il faut qu’elle porte le Monde entier pour être aimée, pour ne plus être oubliée.
Celle qui a les yeux plein d’innocence et qui ne sait pas encore que ce sera toujours ainsi.
Je suis cette fillette-là, assise seule sur un banc, dans l’attente d’un moindre signe, d’un seul geste.
Elle observe les autres, un cœur dans la main droite, un cartable dans la gauche, se ruant dans les bras de ceux qui sont là, à les attendre, juste derrière le portail.
Ils s’embrassent, se sourient.
L’un raconte ses bêtises, l’autre ses exploits et main dans la main, ils s’éloignent d’elle.
La laissant là, l’âme toute nue et les ailes blessées.
Elle regarde sa montre en cherchant la petite aiguille, ramasse une fleur, saute dans les flaques et joue avec les fourmis.
Elle dessine dans le sable, compte les cerises qu’il reste sur l’arbre, écris des poèmes et parle aux nuages.
Mais elle sait que personne ne viendra.
Parce qu’à la fin de l’école, c’est toujours ainsi. Il ne reste qu’elle et ce pauvre banc gris.
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